L’écoute professionnelle de coach

 

         Un exemple d’écoute professionnelle mal canalisée : « Ce client me prend la tête, à me noyer sous un flot d’informations techniques sur la complexité de sa situation. Il expose longuement et en détail toutes sortes de détails, auxquels je ne comprends rien. J’ai l’impression d’être pour lui un déversoir dans lequel il déballe en vrac tout son trop plein de stress et de frustrations… »

Voici ce que m’a proposé un coach comme thème de sa supervision. Qu’en pensez-vous ?

 

Faut-il supporter d’écouter n’importe quoi, sous prétexte d’une bonne écoute professionnelle  ?

 

Qui a dit qu’un coach devait tout écouter ?

 

         La posture d’accueil, respectueuse et non jugeante, et une bonne écoute professionnelle ne vous obligent pas à supporter n’importe quelles confidences n’ayant rien à voir avec les objectifs du coaching. Ainsi, être noyé sous une flopées de détails sur le contexte et la situation du client (même directement en lien avec les objectifs) ne vous apportera rien, ni à l’un ni à l’autre !

  • Cela ne crée aucune valeur pour le client, que vous le laissiez vous raconter ce qu’il sait déjà avant de vous rencontrer. IL ne vous paye pas pour cela. Cela a même deux inconvénients pour lui :
  1. Il s’enfonce dans l’espace problème, et plus le client s’y enfonce plus ce sera difficile de l’aider à en sortir… et plus vous risquez de vous enliser avec lui.
  2. En croyant ainsi nourrir votre « compréhension », le client s’attend implicitement à ce que vous puissiez ainsi mieux l’aider… par vos conseils ! C’est une mauvaise direction à ne pas lui laisser prendre, puisqu’au bout de cette route, vous ne lui donnerez pas de conseil. S’il en voulait, il fallait qu’il consulte un conseiller, pas un coach. Donc ne le laissez pas se fourvoyer inutilement : vous seriez complice d’une perte de temps et d’énergie, alors que vous êtes au contraire sensé lui en faire gagner.

 

  • Cela ne crée pas de valeur pour vous de plonger trop profond dans l’espace problème. Rappelons-nous que dans le problème, il n’y a pas de solutions (sinon ce ne serait pas un problème !). Donc on a rien à faire dedans, quand on est payé par le client pour l’aider à trouver des solutions qui le sortent justement du problème. Dès que possible, il faut proposer une rupture dans la pensée du client, pour le sortir de ses sentiers battus et orienter son regard en direction de ce qu’il voudrait au lieu de rester confiné dans ce qu’il ne voudrait pas…

Une écoute professionnelle orientée

Puisqu’une écoute professionnelle, demande beaucoup de concentration pour maintenir une bonne disponibilité et une attention soutenue à votre client, il faut ménager votre énergie et orienter votre attention. Allez le plus vite possible à l’essentiel, aux solutions et aux résultats attendus par la séance. Ne roupillez pas au fond du bateau, soyez sur le pont, à la manoeuvre !

Votre prestation a plus de valeur qu’une simple écoute empathique, il faut bousculer votre client, pour « fissurer » son cadre de référence, et y laisser entrer la lumière des solutions extérieures. Il ne va pas remettre en question ses croyances limitantes, si vous n’osez pas le confronter, si vous ne lui proposez pas de questions puissantes. Pourquoi ne pas oser sortir de l’ornière dès que possible en osant l’interrompre ainsi :

  • « Sans rentrer davantage dans les détails du problème, je vous propose de commencer par décrire comment ce serait mieux si le problème était résolu… Et pour atteindre ce résultat, quelles seraient les différentes options auxquelles vous pourriez penser maintenant ? »
  • « Supposez que je connaisse déjà parfaitement le problème et son contexte (ce qui n’est évidemment pas le cas), sur quoi aimeriez-vous travailler qui soit tout de suite utile pour vous, sans avoir besoin d’abord de tout m’expliquer ? »
  • « Dans cette grande complexité, qu’est-ce qui est évident à vos yeux et super simple pour vous ?

Personnellement, je suis partisan d’offrir au client des portes sur l’insight dès que possible. Et si la séance est plus courte, il économisera le budget temps pour en faire d’autres.

Une écoute orientée solutions sera bien plus alignée avec l’esprit du coaching, qui est tourné vers l’avenir et vers l’action.

 

Pour aller plus loin, permettez-moi juste deux questions :

  • qu’entendez-vous quand vous écoutez ?
  • qu’écoutez-vous dans tout ce qu’il y a à entendre ?

 

Pour développer la qualité de votre écoute professionnelle, contactez-moi directement sur mon portable : 06.10.56.14.96, je vous donnerai envie de vous inscrire à nos formations… (mais c’est promis : je ne vous écouterai pas :-)

 

Différences profondes entre coaching et psychothérapie

          Coaching et psychotherapie ont des points communs, mais sont surtout bien distincts. Evidemment, vu de l’extérieur, dans les deux cas, le client parle, le professionnel écoute et tend le miroir pour faire progresser le client dans sa réflexion. Mais à y regarder de plus près :

  • les objectifs du client ne sont pas les mêmes,
  • les manières de travailler sont différentes,
  • la relation entre le client et le professionnel n’est pas de même nature,
  • les cadres de références méthodologiques sont souvent très différents.
Quel rapport entre Coaching et Psychothérapie
Quel rapport entre Coaching et Psychothérapie

Coaching et psychothérapie : Le coaching travaille sur les objectifs

 

Tandis que la psychothérapie travaille sur la demande

Les psychanalystes ont beaucoup apporté à notre profession il y a 20 ans quand le Coaching balbutiait encore. Ils ont laissé en héritage beaucoup de notions utiles (comme celle de supervision notamment). Les apports du monde psy ont été utiles, surtout au début. Ils ont contribué à structurer un métier qui s’improvisait. Mais c’est bien aussi que le Coaching s’en affranchisse dorénavant, pour tracer sa propre route…

 

Ainsi, avec le recul de quelques années, certaines notions ne sont pas pertinentes en Coaching, comme celle de « demande » (un psy vous dira qu’il cherche à identifier votre « demande »…)

De notre point de vue, en effet, le client ne présente pas de « demande » au coach, il élabore des solutions vers ses « objectifs », certes devant le coach, mais par lui-même et pour lui-même.

 

S’il a une demande, c’est à lui-même qu’il l’adresse, tandis le coach l’aide éventuellement à la formuler.

Ce n’est peut-être qu’une nuance, presque une simple question de mots, mais dans nos métiers de communication, la forme compte bien autant que le fond… (et ce ne sont pas les psy qui diront le contraire).

Prenons un exemple, pour situer la différence que nous évoquons :

  •  Chez un psychanalyste par exemple, on ne serait pas surpris d’entendre de sa part : « Je ne sais pas si je vais pouvoir vous prendre en analyse, parce que je n’entends pas suffisamment votre demande », comme pour repousser le patient dans ses retranchements, et par là même bien induire le cadre d’une relation où le patient serait « demandeur », et où il serait accepté ou non par le psy (lequel pourrait presque être appelé le « répondeur » en symétrie à la notion de patient « demandeur »…)
  • En Coaching, la même chose prendra plutôt la forme d’une invitation : « Je ne suis pas encore au clair avec votre objectif… voudriez-vous le préciser encore ? », ou bien : « Quelle est votre motivation profonde à vouloir atteindre ce résultat ? ». Et on voit bien là, que la parité est mieux respectée dans le coaching que par la suggestion d’un rapport de « demandeur à répondeur ». en effet le coach n’est pas un soigneur et encore moins un sachant, mais un simple accompagnateur impertinent… Ceci nous amène à une deuxième grande différence :

Coaching et psychotherapie : le Coaching privilégie la parité

  • La relation de Coaching se démarque d’autres formes de « relations d’aide » par la notion fondamentale de « parité », puisque dès le départ, le client et le coach se cooptent mutuellement. Même si cela ne se produit que très rarement, un coach pourrait très bien refuser un client (par exemple : s’ils se connaissent trop bien, si le coach ne se sent pas compétent pour accompagner ce client, ou encore s’il craint d’être instrumentalisé par l’entreprise dans une manipulation contre l’intérêt de son client ou contre sa propre déontologie, etc…)
  • Le coach n’étant pas un mentor, ou un expert, il n’est pas ce « grand autre » auprès duquel le client viendrait requérir des conseils ou de l’assistance. Au contraire, nous l’avons déjà dit, le coach privilégie une position basse, pour mieux accompagner son client, sans le diriger. En fait, même si la relation n’est pas complètement symétrique, et que c’est bien le client qui élabore lui-même sur les objectifs qu’il s’est choisi, c’est comme si le client et le coach s’accompagnaient mutuellement, dans une réflexion partagée (presque une sorte de méditation à deux) sur les objectifs du client.

D’autres différences entre coaching et psychothérapie comptent aussi (surtout pour le coaching en entreprise), parmi lesquelles :

  • le champ du coaching, qui porte sur les objectifs stratégiques et opérationnels
  • le travail de coaching, qui porte sur le « comment » et non sur le « pourquoi »
  • le contrat d’objectifs, qui est spécifique au coaching
  • la présence de l’institution qui finance le coaching et la pratique des entretiens tripartites
  • etc…

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